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« Un film à couper le souffle »

Comme chaque dimanche, Mag Liège vous livre ses conseils ciné pour clore le week-end en mode grand écran aux Grignoux.

Comme chaque dimanche, Mag Liège vous propose une sélection de longs métrages qui vous permettront de clore idéalement ce dernier week-end de mars. Une fois n’est pas coutume, c’est un film d’animation qui est mis à l’honneur avec Le Sommet des Dieux. Présenté à Cannes en sélection officielle, cette adaptation du manga culte dessiné par Taniguchi Jirõ et scénarisé par Yumemakura Baku est une totale réussite. En un seul opus d’un peu plus d’une heure et demie, Patrick Imbert parvient à rendre compte des cinq tomes de ce chef d’œuvre nippon !

Le pitch de ce film qui reçut le César du meilleur film d’animation en 2022 est particulièrement alléchant et repose sur cette question : George Mallory et Andrew Irvine sont-ils les premiers à avoir atteint le sommet de l’Everest en 1924 ? Seul le Kodak avec lequel les deux explorateurs devaient se photographier sur le sommet du monde pourrait livrer la vérité. Septante ans plus tard, un jeune reporter japonais prénommé Fukumachi pense reconnaître cet appareil entre les mains de Habu Jôji, un escaladeur disparu depuis de nombreuses années. Fukumachi va alors se lancer dans une enquête sous forme de quête, voyage ultime vers le Sommet des Dieux.

« Le Sommet des Dieux est un film d’animation totalement renversant. Avec sa réalisation millimétrée, ses plans incroyables, son design et ses dessins hivernaux et sa musique qui nous transporte, comment ne pas être touché par ce film aux valeurs profondes. À couper le souffle » assure Ecran Large. « Le Sommet des dieux tient un discours éminent et profond sur le désir des hommes de surpasser la nature. Un conte philosophique esthétique, réaliste, plein de suspense, qui intéressera par-delà les aficionados des sports alpins » , promet Bande à part. A voir absolument !

Dans un autre style : Trois fois rien. Une comédie sensible de Nadège Loiseau dans laquelle trois comparses vivent au jour le jour dans le bois de Vincennes jusqu’à ce qu’ils gagnent à la loterie. Un scénario qui permet à la réalisatrice française de filmer avec empathie ses trois héros dont le parcours est semé d’embûches. « Vivre, ce n’est pas attendre que passent les orages, c’est apprendre à danser sous la pluie ».

Autre style également mais totale réussite : Nobody has to know de l’excellent Bouli Lanners. Installé depuis longtemps dans la Cité Ardente, ce formidable acteur et réalisateur livre ici un film poignant. Tourné dans une Ecosse aux paysages grandioses, ce chef d’œuvre est un « grand film d’amour qui fend le cœur, à la pudeur et au lyrisme rentrés, impressionnant de maitrise », selon Les grignoux. Derrière et devant la caméra, Bouli Lanners a également parsemé son film de différents éléments de son histoire personnelle. Superbe !

Direction l’Irlande, juste à côté de l’Ecosse, avec Belfast de Kenneth Brannagh. Basé sur les souvenirs d’enfance de ce monstre sacré du cinéma anglo-saxon, Belfast nous fait remonter le temps avec Buddy, un gamin âgé de neuf ans en 1969, lorsque le conflit entre catholiques et protestants s’intensifie.

Nous retrouvons ensuite Vincent Lindon et Stéphane Brizé pour Un autre monde qui clôt la trilogie sur le monde du travail du réalisateur français. L’acteur aux multiples tics y incarne un cadre d’entreprise dans une critique sur les dérives de notre société ultra capitaliste.

Toujours à l’affiche : Madeleine Collins, un drame avec Virginie Efira dans le rôle principal. Dans ce film d’Antoine Barraud, la Belge y campe Judith, une maman qui mène une double vie entre la Suisse et la France. D’un côté de la frontière, elle élève une petite fille avec Abdel. De l’autre, elle a deux garçons avec Melvil. Alors que cet équilibre précaire se fissure peu à peu, Judith, prise au piège, opte pour la fuite en avant.

Toujours à l’affiche également, Animals sur l’affaire Ihsane Jarfi qui avait secoué Liège en 2012. Ce Liégeois de 32 ans avait disparu le 12 avril après une soirée à l’Open Bar. Deux semaines plus tard, son corps nu avait été retrouvé dans un champ. Ihsane Jarfi avait été battu à mort. Son seul tort aux yeux de ses quatre agresseurs ? Etre gay. L’enquête déterminera qu’Ihsane a agonisé plus de quatre heures avant de rejoindre les étoiles.

Un odieux assassinat homophobe – trois des inculpés écopèrent, en 2014, d’une peine de prison à perpétuité, le dernier prévenu prit trente ans – qui démontrait à quel point l’intolérance et l’homophobie pouvaient causer de terribles et tragiques dégâts.

« Dans Animals, le réalisateur belge Nabil Ben Yadir met en scène l’assassinat homophobe d’Ihsane Jarfi et propose une réflexion captivante et sans concession sur la violence et la capacité de l’homme à commettre l’indicible », selon la présentation faite par les Grignoux.

Pour les amateurs d’énigmes et d’enquêtes, deux films bien différents. Murder Party de Nicolas Peskof – avec une ribambelle de bons acteurs – qui s’inspire de l’univers d’Agatha Christie pour une Murder Party. Les décors sont soignés, les costumes sont sympas et le film se laisse regarder.

Dans la ville de Simenon, impossible de passer sous silence l’arrivée d’un nouvel hommage au célèbre inspecteur du 36 dans les salles obscures. Sobrement intitulé Maigret, ce film réalisé par Patrice Leconte, verra le légendaire homme à la pipe, interprété par Gérard Depardieu à la suite du désistement de Daniel Auteuil, enquêter sur la mort mystérieuse d’une jeune fille.

Enfin, pour les amateurs de comics, le retour de l’homme à la chauve-souris. Un nouvel opus de Batman, résolument noir, avec Robert Pattison en tête d’affiche. Un blockbuster de 100 millions de dollars à découvrir également à La Sauvenière.