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Art Portraits

« Une aventure fabuleuse qui a débuté par un accident »

C’est par accident que Véronique Dumont a développé sa passion pour l’art et des créations aussi originales que singulières qui sont retrouvées aux Etats-Unis ou en Australie.

Lorsque Véronique Dumont m’ouvre la porte de son domicile, elle arbore un large sourire et un pull rose flashy et m’invite illico presto à découvrir son atelier qu’elle nomme avec une joie non-dissimulée « son terrain de jeu ». Dès nos premiers échanges, la joie de partager son travail et sa passion saute aux yeux. « Tout a débuté par un accident », commence-t-elle. « Quelques temps après un stage d’initiation en 2012 chez Arqontanporin qui avait provoqué en moi une sorte de déclic, j’étais partie en vacances en Provence en emmenant avec moi mes tubes d’acrylique. »

C’est à ce moment-là que le bouchon d’un tube de peinture tomba sur sa palette. En le récupérant d’un mouvement circulaire, Véronique constata que cela donnait un résultat intéressant. Elle décida de le prendre en photo et développa ensuite son concept en « imprimant » le résultat obtenu sur des parois de plexiglass à Dijon pour un rendu aussi surprenant que magique. Au fil des années, Véronique fit évoluer son art, utilisant désormais davantage de la résine liquide dans laquelle elle infuse des pigments de couleur pour capturer des réactions instantanées, tout en y ajoutant parfois des perles d’eau. « C’est ma bouffée d’oxygène », continue cette juriste. « C’est un phénomène très éphémère que j’essaie de figer sur photo. Cela crée un moment magique et une sorte d’émerveillement chez moi. »

Chaque jour, Véronique passe dans son lumineux atelier pour créer ses œuvres originales qu’elle fige sur la carte mémoire de son appareil photo – elle a plus de 27 000 images – et retravaille ensuite avec un logiciel spécifique pour éliminer les petites imperfections. « N’ayant pas une formation artistique, j’ai tout appris sur le tas et j’ai longtemps souffert du syndrome de l’imposteur », reconnait-elle, confiant également avoir reçu une « claque » lors d’un concours pour artistes émergents à l’Académie des Beaux-Arts de Liège. « On m’y avait notamment reproché de présenter un travail qui ne véhicule pas de message ». Et d’ajouter : « C’est exact, ma volonté étant davantage de transmettre des émotions positives, de proposer un voyage dans l’imaginaire et de faire rêver les amateurs et les curieux. »

Par la puissance des réseaux sociaux que lui fit découvrir sa fille aînée, celle qui occupa auparavant un poste aux ressources humaines au Makro put faire découvrir son travail au plus grand nombre et se sentir enfin légitime. « J’essaie de publier chaque jour une de mes créations et j’instaure un dialogue avec ceux qui suivent ma page », m’explique Véronique qui compte tout de même plus de 4000 abonnés sur Facebook. C’est grâce aux réseaux sociaux que les créations de Véronique se sont retrouvées en Australie – « chez deux fans qui m’ont contactée pour me dire qu’elles appréciaient mon travail et voulaient acquérir certaines oeuvres » précise-t-elle – et au Texas.

« Une dame de 94 ans suivait mon travail sur Facebook et est venue visiter mon atelier avec son petit-fils et son épouse qui vivent à Houston et qui m’ont commandé trois créations », me raconte Véronique. « Nous avons beaucoup communiqué via internet, cela m’a sortie  de ma zone de confort et ce fut un vrai défi de parvenir à proposer à ce couple ce qu’il souhaitait précisément. Ce fut également une aventure fabuleuse. »

Passionnée, cette maman de trois enfants, reçoit régulièrement des visiteurs, venant parfois de loin, dans son atelier pour leur présenter son travail et échanger. « Cet aspect-là est vraiment une autre source de joie », me confie celle qui n’hésite pas à faire des démonstrations. « En toute humilité, si je peux mettre des étoiles dans les yeux de mes visiteurs, alors je suis heureuse. »

Prochainement, Véronique devrait exposer à Villennes-sur-Seine, non loin de Paris. « Jamais je n’aurais pensé devenir une « artiste », même si j’ai encore parfois du mal à m’affirmer », me dit-elle. Résolument les pieds sur terre, elle ne peut s’empêcher toutefois de laisser son esprit vagabonder, elle dont le rêve serait de s’associer avec un architecte d’intérieur pour décorer un hôtel. « Je pense à la 3D ou à des prototypes de luminaires. Mon univers n’est pas figé et est en perpétuelle évolution. »

D’ici-là, Véronique – dont une œuvre est désormais exposée aux Thermes de Spa – continuera de fréquenter assidûment son atelier pour s’adonner à sa passion – « mon équilibre aussi entre ma vie personnelle et professionnelle », spécifie-t-elle – pour son plus grand bonheur et celui des nombreux amateurs de ses créations.

Thiebaut Colot