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Pueblo : l’histoire d’un jour de pluie

Ce jeudi, les chanceux pourront découvrir un grand David Murgia dans l’excellent Pueblo au Manège Fonck.

Depuis le cinq février, le Festival de Liège bat son plein et les spectacles s’enchainent au Manège Fonck et à la salle B9. Fondé 1958 par Robert Maréchal, le Festival du Jeune Théâtre s’appellera ensuite Rencontres Internationales de Théâtre contemporain et de Rencontres d’Octobre et épousera toujours les grands courants et tendances du théâtre contemporain, les nouvelles conceptions scéniques et esthétiques. En 1999, Jean-Louis Colinet succède à Robert Maréchal et, en 2001, le festival est rebaptisé Festival de Liège. C’est le début d’une nouvelle odyssée théâtrale. Devenu une biennale organisée chaque année impaire, ce festival international de théâtre, de danse et de musique d’aujourd’hui est singulier et différent des autres manifestations.

Pendant trois semaines, des spectacles originaux – sous de multiples formes, ce qui en fait aussi son originalité – interrogent notre présent, questionnent notre époque. Centrée sur l’humain, la programmation met en avant des créations qui parlent des sujets d’aujourd’hui et qui touchent bon nombre des spectateurs. Le Festival de Liège fait vivre la Cité ardente pendant trois semaines au gré des représentations. Mais pas seulement ! En effet, grâce aux rencontres avec les artistes, aux « afters » ainsi qu’aux collectifs et groupes issus des milieux associatifs et alternatifs qui se joignent à la fête, c’est une véritable  « vie »  qui s’articule autour des pièces – même si, en ces temps perturbés, ce qui fait l’essence même de cet évènement se trouve fortement chamboulé. Un savoureux mélange pour ce festival inclassable qui a fait sien cette maxime de Federico Garcia Loca: « Parce qu’un théâtre qui ne recueille pas la pulsion sociale, la pulsion historique, le drame de son peuple et la douleur authentique de son passage et son esprit n’a pas le droit de s’appeler théâtre. »

Ce jeudi, place à l’une des pièces phares de ces trois semaines : Pueblo, mis en scène par Ascanio Celestini et interprété par le toujours excellent David Murgia. Le duo qui avait séduit avec Laïka récidive avec brio, offrant une galerie de personnages qui racontent les turpitudes du monde d’aujourd’hui. « Pueblo, c’est l’histoire d’une clocharde qui ne fait pas la manche et d’un gitan de huit ans qui fume, l’histoire d’une tenancière de bar qui gagne sa vie avec les machines à sous, d’un manutentionnaire africain et d’une poignée d’autres personnes dont on ne connaît pas le nom. C’est l’histoire des cent mille africains morts au fond de la mer. Ceci est l’histoire d’une jeune dame caissière au supermarché et de toutes les personnes qu’elle rencontre. Ceci est l’histoire d’un jour de pluie », peut-on découvrir sur le site du Festival de Liège. De quoi augurer d’un vrai beau moment de théâtre.

Après Pueblo, place à un « after » avec un concert de Roza pour conclure la soirée en musique.

Thiebaut Colot

Crédit photo : Céline Chariot