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« L’Amour c’est mieux que la Vie »

Claude Lelouch revient au cinéma avec « L’Amour c’est mieux que la Vie ». Un cinquantième film qui célèbre l’amour et l’amitié et qui se révèle aussi divertissant que touchant.

« Je ne serais pas arrivé là si ma mère ne m’avait pas caché dans des salles de cinéma sous l’Occupation, alors que nous étions recherchés par la Gestapo. Le cinéma m’a sauvé la vie au sens propre comme au figuré. Nous déménagions sans cesse pendant la guerre. Il fallait partir dès que nous étions repérés. Dans toutes les villes où nous passions, à Nice, à Grenoble, à Voiron, à Paris, à Aix-les-Bains, ma mère me déposait dans une salle en début d’après-midi pour avoir quelques heures tranquilles, afin de se procurer des faux papiers, trouver des solutions pour gagner un peu d’argent ou des adresses où se cacher. Elle allait voir l’ouvreuse et lui glissait un pourboire pour qu’elle jette un œil sur moi. J’avais 5 ou 6 ans, je m’asseyais au premier rang et je regardais le même film en boucle, totalement fasciné, jusqu’à ce qu’elle vienne me chercher. J’étais au paradis »confiait Claude Lelouch au prestigieux quotidien Le Monde fin janvier« Je suis tombé amoureux du cinéma en cette époque troublée dont je ne percevais pas les drames. Je n’avais ni poupée ni train électrique, le premier jouet que l’on m’a offert a été le cinéma. J’étais un petit garçon insupportable qui ne tenait pas en place, et la seule façon de me calmer était de me mettre devant un écran. Le cinéma, c’était aussi le seul moment où je ne voyais pas ma mère pleurer. Toutes les nuits, en revanche, dans les lits que nous partagions chez des connaissances ou des amis d’amis, je l’entendais sangloter. »

C’est donc depuis tout petit que le célèbre réalisateur français a lié une relation forte avec le cinéma. Une passion dont il fera son métier avec autant de talent que d’hyperactivité – cinquante films en plus de cinquante ans de carrière – pour une foultitude de succès populaires et critiques. C’est à ce cinéaste français chantre de l’amour que l’on doit notamment « Un homme et une femme » (Oscar du meilleur film étranger), « L’aventure c’est l’aventure », « Les Uns et les autres » (nommé au César du Meilleur film), « Itinéraire d’un enfant gâté », « Tout ça… pour ça ! », « Roman de gare », « Une plus une » ou encore « Salaud, on t’aime » où il mettait en scène Johnny Hallyday. Une carrière aussi prolifique que réussie pour faire mentir Les Cahiers du Cinéma qui avait écrit ceci à la sortie de son premier long-métrage, « Le propre de l’homme » : « Claude Lelouch, retenez bien ce nom, vous n’en entendrez plus jamais parler. »

Celui qui a reçu la Palme d’or pour « Un homme et une femme », le film qui fera véritablement décoller sa carrière, a dirigé les plus grands acteurs et les plus flamboyantes actrices et peut s’enorgueillir d’une œuvre qui passera à la postérité. À quatre-vingt-quatre ans, le cinéaste français songe à la retraite mais sort un dernier bijou joliment intitulé « L’Amour c’est mieux que la Vie ». Dans ce style léger et grave qui a fait sa renommée, Claude Lelouch filme Sandrine Bonnaire, Gérard Darmon et Ary Arbittan pour célébrer l’amour et l’amitié. Une histoire qui fait mouche, des acteurs impeccables, une ribambelle de comédiennes et comédiens talentueux – Béatrice Dalle, Clémentine Célarié, Elsa Zilberstein, Philippe Lellouche, Kev Adams -, des scènes touchantes mais drôles aussi, des dialogues savoureux – « si le premier venu n’est pas le dernier des cons, pourquoi pas ? » – et une jolie photographie font de ce film une réussite qu’apprécieront les fans du déjà mythique réalisateur ainsi que les amoureux du cinéma et… de la vie.

Un film programmé notamment au Pathé de Verviers, au Kinépolis de Liège, à l’Imagix de Huy et aux Grignoux.

Thiebaut Colot